Comités de la Conférence Annuelle 2019

Conseil des droits de l’homme

Sujet A :  Répondre au problème des disparitions forcées et involontaires

Créé en 1980 par le CDH, le Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires définit les disparitions forcées comme des situations dans lesquelles « des personnes sont arrêtées, détenues ou enlevées contre leur volonté ou privées de toute autre manière de leur liberté … par des groupes organises ou par des particuliers, qui agissent au nom du gouvernement ». Ces disparitions sont suivies d’un refus de divulguer des informations sur le sort des personnes concernées. En outre, la violation des droits des victimes n’est pas reconnue, ce qui empêche leur famille de recourir à la loi pour obtenir une protection. Bien qu’un nombre considérable de disparitions aient eu lieu sous des dictatures au cours du XXe siècle, la question est toujours d’actualité aujourd’hui : entre mars 2013 et juin 2018, le Comité des disparitions forcées a enregistré 500 cas, dont une majorité ont eu lieu au Mexique et en Irak. Malgré les progrès réalisés grâce à la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées de 2006, qui considère les disparitions forcées systématiques comme des crimes contre l’humanité et oblige les États à garantir des normes juridiques minimales aux victimes et à leurs familles, il reste du travail à faire, notamment dans le domaine juridique. Les principaux défis à relever sont notamment l’assurance du droit à l’information et la protection des victimes, des témoins et de leur famille.

Sujet B: Protection et promotion du droit des civils en temps de conflit armé

Un civil est un individu qui n’appartient ni au corps militaire, ni à celui des policiers ou des sapeurs-pompiers. Selon le droit international humanitaire, il n’est pas membre des forces armées. En outre, il ne prend pas directement part aux hostilités en temps de conflit armé ou d’état de guerre — celui-ci étant généralement caractérisé par des agressions collectives extrêmes ainsi que par des destructions et une mortalité élevée. En réalité, le conflit ne se résume pas à un grand nombre de morts, c’est aussi le théâtre de violations massives des droits de l’homme. Garantir le respect du droit des civils dans des régions si conflictuelles et dans de telles situations, c’est protéger les principes moraux — c’est à dire, les normes en matière de comportement humain — ainsi que les droits fondamentaux, inhérents à chaque individu.

Au cours des dernières années, les Nations Unies ont fait de grands efforts quant à la protection des enfants et des jeunes dans les zones de conflit armé. L’étude et la définition des problématiques y afférant se sont déroulées au sein de la Commission des droits de l’homme et de celui de son successeur, le Conseil des droits de l’homme. Ces derniers ont toujours considéré que la lutte contre les violations du droit international humanitaire relevait de leurs mandats. En outre, la Commission a aussi adopté plusieurs résolutions relatives aux violations du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire se produisant dans le monde, en contexte de conflit armé.

Conseil de Sécurité

Sujet A : Libye – le dilemme cornélien des dirigeants internationaux

Depuis le renversement du colonel Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est frappée par des vagues répétées d’instabilité et de violence. Malgré un soutien international, le Gouvernement d’entente nationale peine à rester uni, du fait des conflits internes qui mettent à mal son aptitude à administrer le pays. Cette incapacité du gouvernement central à faire respecter l’état de droit sur l’ensemble du territoire n’est pas sans conséquence. La Libye est devenue une étape de choix pour les réseaux de traite des êtres humains et les circuits de migration, puisque des milliers de migrants traversent le pays pour atteindre la Méditerranée et donc l’Europe. L’espoir d’un nouvel accord après les élections (initialement prévues pour décembre 2018) s’est envolé depuis que les retards dans les travaux préparatoires ont décalé celles-ci. Le Conseil de Sécurité inscrit l’instabilité en Libye à l’ordre du jour depuis de nombreuses années, mais ne parvient pas à trouver de solution pérenne et pacifique. Il incombe donc aux délégués de l’édition 2019 de GIMUN de proposer de nouvelles solutions au dilemme cornélien des dirigeants internationaux et ainsi de décider de l’issue de ce conflit de longue date.

Programme des Nations Unies pour l'Environnement

Sujet A: Crise mondiale de l’eau : quelles solutions durables ?

Aujourd’hui, la gestion de l’eau douce implique plusieurs défis majeurs à l’échelle mondiale. Et il est évident que de ceux-ci dépendent de grands enjeux liés à la chaîne d’approvisionnement en eau, de la source à l’utilisation finale. Dans le monde, le volume d’eau facilement accessible pour l’usage domestique ne représente que 0,007 % du volume d’eau total, constitué presque exclusivement de glaciers et d’eau salée.

Dans de nombreux foyers de peuplement, certaines sources d’eau, telles que les réservoirs souterrains, se vident déjà plus rapidement qu’elles ne se renouvellent naturellement. La perspective des changements climatiques et l’accroissement démographique continu devraient inciter à la recherche approfondie de modes durables de consommation et de distribution d’eau aux pays et foyers de peuplement vulnérables.

Aujourd’hui, la situation n’est pas viable. Des solutions durables sont nécessaires pour faire face à l’accroissement démographique et à l’augmentation de la demande d’eau, et donc éviter une crise provoquée par une pénurie. Où trouver l’eau dont nous avons besoin ?

Sujet B: Gestion et développement durables des écosystèmes : intégration du savoir autochtone traditionnel

La biodiversité constitue un aspect important de la préservation des écosystèmes. L’alimentation représente quant à elle un élément majeur de la civilisation : en effet, l’apparition de l’agriculture coïncide souvent avec l’émergence d’une société. Au fil des siècles, différentes cultures ont mis au point leurs propres modèles d’agriculture et de production alimentaire. Or, la plupart demeurent viables aujourd’hui. La « révolution verte » a entraîné une importante hausse de la production alimentaire, mais a eu des conséquences d’une ampleur inattendue sur l’environnement et l’agriculture. D’une part, la mise en culture répétée d’un nombre limité de plantes et d’espèces provoque un appauvrissement de la biodiversité. D’autre part, le rejet massif de déchets d’origine animale par les exploitations agricoles industrialisées et l’utilisation peu réglementée de grandes quantités d’antibiotiques et d’insecticides par ces dernières portent atteinte à l’environnement. Ainsi, il conviendra de trouver des moyens de maintenir la hausse de la production d’aliments et autres produits naturels tout en limitant son impact écologique.

CCPCJ

Sujet A : Prévenir et combattre le trafic illicite de migrants en Méditerranée

« Ce n’est que lorsque des tragédies surviennent ou qu’une aide humanitaire d’urgence devient nécessaire que le trafic illicite de migrants attire l’attention publique. » Pourtant, ce phénomène a menacé et touché de nombreuses sociétés dans le monde entier au cours de l’Histoire. Parallèlement à la crise des réfugiés, ce problème s’est amplifié depuis peu de façon inquiétante, les flux de migrants illégaux en provenance de la Méditerranée s’étant intensifiés depuis 2014. La communauté internationale est particulièrement concernée par ces flux, car les migrants sont en proie à l’exploitation, à la violence et à des dangers mortels. D’après une estimation de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) publiée en novembre 2018, les morts et les disparus en Méditerranée depuis le début de l’année seraient au nombre de 1 989.

Le rôle joué par la Commission pour la prévention du crime et la justice pénale (CCPCJ) pourrait marquer un tournant dans la résolution de ce problème comparativement à l’approche adoptée jusqu’à présent. Elle s’emploiera à développer une action globale afin de répondre au mieux aux besoins de la région et à la crise actuelle. Ainsi, le renforcement de la coopération internationale sera essentiel à l’instauration de mesures préventives optimales visant à empêcher une augmentation du flux de trafic de migrants. Par conséquent, la CCPCJ se concentrera sur l’application de la loi et la sécurité, ainsi que sur les filières d’entrées utilisées par les réseaux de trafic afin de déterminer les itinéraires et les méthodes les plus utilisés au cours de ce processus.

Sujet B : Mise en place d’un cadre international pour combattre la criminalité organisée ayant recours aux cybermonnaies

À l’aube de l’ère du numérique, il est devenu de plus en plus difficile de lutter efficacement contre la criminalité organisée. C’est avant tout grâce à Internet que la criminalité organisée a pu se développer à l’échelle internationale, devenant ainsi un fléau bien plus ardu à localiser et à prévenir. Différentes formes de criminalité organisée ont tiré profit de l’essor de diverses cybermonnaies, en particulier du Bitcoin et du Monero, et de leur diffusion auprès du grand public. On peut notamment citer les trafics illicites de drogues et d’armes qui ont lieu principalement sur le « dark Web » lorsqu’ils sont financés par des cybermonnaies. Toutefois, les cybermonnaies jouent un rôle croissant dans la criminalité financière organisée : elles sont utilisées pour le blanchiment d’argent et le vol à grande échelle. Il s’agit d’un problème soulevant des défis majeurs. Les cybermonnaies sont l’exemple parfait de l’incapacité des moyens législatifs et répressifs à suivre le rythme des nouvelles technologies. Étant donné que la position de la majorité des États sur la question des cybermonnaies est très floue, le principal défi consiste à parvenir à une compréhension mutuelle étendue sur ce sujet. Par ailleurs, la constante évolution des cybermonnaies représente un défi supplémentaire, de même que les différences techniques entre les diverses monnaies, ce qui complique la mise en place d’une approche harmonisée. Néanmoins, le problème ne cessant de s’aggraver, un effort international soutenu pour s’y attaquer pourrait s’avérer capital afin de réussir à le maîtriser.

Conseil économique et social

Sujet A : Partenariat pour le développement : Renforcer l’engagement vis-à-vis des ODD

A New York, 193 Etats membres, le Secrétaire général, des représentants de nombreuses agences des Nations Unies, du secteur privé et du monde universitaire ont applaudi l’adoption de l’Agenda 2030 pour le développement durable. L’Agenda 2030, qui est structuré autour de 17 objectifs de développement durable (ODD) ambitieux, comporte un engagement multipartite qui « ne laisse personne derrière ».

Toutefois, dans un contexte d’évolution de l’ordre mondial, d’instabilité politique, de recrudescence de la crise socioéconomique et d’émergence d’une quatrième révolution industrielle, il faut absolument renforcer l’engagement vis-à-vis des ODD. Pour atteindre les résultats escomptés, il faut donc renouveler les partenariats et trouver des moyens novateurs d’engager et de mobiliser tout un éventail de parties prenantes dans ce que l’on appelle souvent l’écosystème ODD. Comment pouvons-nous créer des partenariats solides et renforcer l’engagement en faveur des ODD ?

Sujet B : Renforcer les efforts mondiaux de la prévention de l’extrémisme violent

Ces derniers jours, l’extrémisme violent a fait des ravages dans nos villes. Par conséquent, l’ONU a pris des mesures audacieuses, notamment le Plan d’action du Secrétaire général pour la prévention de l’extrémisme violent ainsi que la Stratégie antiterroriste mondiale. Ceux-ci renforcent le consensus mondial dans la lutte contre l’extrémisme violent.

Malgré l’engagement international, les nations sont loin d’avoir des communautés exemptes d’extrémisme. Dans les pays moins développés et les pays en voie de développement en particulier, les radicaux profitent de l’absence d’institutions solides et de normes socioéconomiques déficientes pour recruter et inciter les jeunes à radicaliser et à adopter l’extrémisme violent. Ceci est fait pour signaler leur mécontentement en ce qui concerne l’ordre mondial actuel. Ce problème existe également dans les pays développés, où les suprématistes populistes et les soi-disant « éco-terroristes » continuent d’exercer une grande influence, attirant les individus vers l’extrémisme violent.

Il est donc nécessaire d’intensifier les efforts mondiaux de prévention de l’extrémisme violent. Ces mesures peuvent inclure un engagement accru du secteur privé et du milieu universitaire afin de s’en servir de leurs compétences ou un raffermissement des initiatives de renforcement des capacités pour éliminer l’attrait des facteurs d’attraction et réduire la gravité des facteurs d’incitation.

DISEC

Sujet A : Intelligence artificielle : la limite entre les mesures de sécurité et les potentielles menaces

11 septembre 2001 : près de 3 000 personnes tuées ce jour-là, bien d’autres suivront. Depuis lors, l’agence des Nations Unies chargée de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) a favorisé de nombreux dispositifs qui s’appuient sur l’intelligence artificielle (IA). Qu’il s’agisse du scanner corporel à l’aéroport, des dispositifs de contrôle automatique aux frontières ou même des caméras de surveillance intelligente mises en place après l’attentat, tous ces dispositifs sont basés sur l’IA et visent à fournir des mesures de sécurité pour éviter une autre attaque de grande envergure.

D’autre part, certains pays sont en train de développer des armes informatiques très efficaces telles que les « armes létales autonomes ». Lesdits « robots-tueurs » principalement fondés sur l’IA décident (presque) d’eux-mêmes d’ouvrir le feu ou non sur une cible.

En attendant, que vous estimiez que l’IA est synonyme de sécurité ou d’une potentielle menace, vous ne devriez pas croire qu’il s’agit d’un scénario de science-fiction. En effet, le pays le plus peuplé du monde, la Chine, a installé le plus vaste système de vidéosurveillance sur terre. Son but ? Non seulement récompenser les « bons » citoyens, mais aussi prévenir la criminalité en utilisant un système de reconnaissance faciale de ses citoyens basé sur l’IA qui fonctionne 24 h/24.

Mais qu’en est-il de l’avenir ? Que se passerait-il si l’intelligence artificielle décidait de déclencher ou non une attaque internationale, ou de donner ou non des ordres militaires pour recourir ou non aux armes nucléaires ?

Sujet B : Prévenir les conflits dans l’espace : faut-il établir un nouvel ordre?

À mesure que le secteur du spatial progresse, le risque qu’une guerre spatiale se déclare s’accentue. Il est donc légitime de prétendre que les progrès du secteur spatial et la guerre ne vont pas l’un sans l’autre. Pourtant, les quelques traités internationaux qui portent sur l’espace extra-atmosphérique ne régulent que de manière très limitée les activités spatiales modernes, y compris l’utilisation militaire et commerciale de l’espace. Il est nécessaire de mener une analyse critique du droit de l’espace et des politiques qui le gouvernent, sans quoi la sécurité de l’espace extra-atmosphérique et l’humanité toute entière pourraient être compromises. L’exploitation de l’espace, l’utilisation non contrôlée du matériel spatial, la guerre aérospatiale, les essais nucléaires, la manipulation des ressources ou encore la militarisation et la colonisation de l’espace forment un ensemble cohérent de questions qu’il faut traiter dans le cadre du mandat du sujet. C’est pourquoi il est important de comprendre comment les grandes économies du monde ont connu une série de progrès technologiques et de développement humain dans l’espace extra-atmosphérique ou bien en lien avec celui-ci. Si l’objectif premier des principaux pays contributeurs de contingent est désormais de dominer l’espace, il est nécessaire, dans l’intérêt de tous, d’élaborer un cadre normatif, un ordre public universel, afin que les différends qui se jouent dans l’espace ne débouchent pas sur une guerre mondiale. Il ne s’agit plus de savoir « si » mais « quand » aura lieu le conflit dans l’espace !